la ménopause
Un moment clé pour la peau, les hormones et l'évaluation du risque cardio-vasculaire.
La ménopause est définie par l'absence de cycles menstruels pendant 12 mois consécutifs. Elle est due à la diminution progressive des hormones ovariennes, principalement les œstrogènes et la progestérone, et survient en moyenne autour de 51 ans.
Bien que naturelle, elle peut aussi être provoquée par d'autres facteurs tels que l'insuffisance ovarienne primitive, les traitements anti-cancéreux ou une ablation d'organes. Certains médicaments ou interventions chirurgicales peuvent également provoquer une ménopause brutale.
La péri-ménopause
La péri-ménopause est la période qui précède la ménopause. Elle peut commencer entre 40 et 50 ans et durer entre 4 et 10 ans. Durant cette phase, les hormones sexuelles fluctuent de manière irrégulière, ce qui peut entraîner une multitude de symptômes physiques, émotionnels et psychologiques, différents d'une femme à l'autre :
- Douleurs et raideurs articulaires ;
- Troubles du sommeil ;
- Prise de poids et modifications corporelles ;
- Troubles de la mémoire et de la concentration ;
- Baisse de la libido ;
- Symptômes urinaires.
Pourquoi évaluer le risque cardio-vasculaire ?
Les maladies cardio-vasculaires tuent six fois plus de femmes que le cancer du sein, soit environ 200 décès par jour. Elles représentent la première cause de mortalité chez les femmes en France et touchent des femmes de plus en plus jeunes, dès 45 ans. On peut agir ensemble pour ne plus subir.
La baisse des œstrogènes s'accompagne d'une augmentation progressive du risque cardio-vasculaire, avec une modification fréquente du profil lipidique et du risque métabolique, une augmentation de la rigidité artérielle et une prise de poids.
Comment préparer ma consultation ?
Faites le point sur vos antécédents cardio-neuro-vasculaires et gynéco-obstétricaux en les notant par écrit. Préparez également vos ordonnances de traitement et les résultats de votre dernier bilan biologique datant de moins de 6 mois, comportant au minimum :
- Cholestérol total, LDL et HDL, triglycérides ;
- Glycémie à jeun / HbA1c ;
- Ionogramme sanguin et créatininémie ;
- Bilan hépatique complet.
Si ce bilan n'est pas disponible, demandez à votre médecin traitant de vous le prescrire. Pensez aussi à vous peser et à vous mesurer. Idéalement, réalisez un relevé de vos tensions artérielles prises trois fois le matin et le soir, sur trois jours avant la consultation. N'hésitez pas à apporter l'ensemble de vos documents médicaux, c'est toujours utile.
Quels examens médicaux sont recommandés ?
Les examens les plus classiquement recommandés permettent d'évaluer le risque cardio-vasculaire, thrombotique, mammaire et osseux :
- Un bilan biologique complet avec exploration de la glycémie à jeun, du profil lipidique et, si besoin, un dépistage de carence ;
- Un ECG et, selon le dossier, un score calcique ;
- Une échographie Doppler vasculaire, réalisée au cabinet, permettant de dépister un athérome débutant ;
- Une ostéodensitométrie, qui évalue la densité osseuse ;
- Une mammographie, si elle n'a pas été réalisée dans les 3 ans.
Le traitement hormonal substitutif
Le traitement hormonal de la ménopause n'est « ni recommandé pour toutes, ni déconseillé pour toutes les femmes ». Il est évalué selon un rapport bénéfices/risques individuel, après réalisation d'un bilan médical le plus complet possible. Dans certaines situations, il est considéré comme très utile, avec des bénéfices tels que :
- La diminution des bouffées de chaleur ;
- L'amélioration du sommeil, de l'humeur et de la qualité de vie ;
- La prévention de la perte osseuse et de l'ostéoporose ;
- L'amélioration des symptômes génito-urinaires et des douleurs articulaires.
Les données actuelles préconisent de débuter précocement le traitement après la ménopause, chez une femme à faible risque cardio-vasculaire. Commencer tardivement un traitement hormonal, soit 10 ans après la ménopause ou après 60 ans, rend le rapport bénéfices/risques vasculaire moins favorable.
Les principales contre-indications sont : un antécédent de cancer du sein hormono-dépendant, un antécédent thrombo-embolique veineux, un AVC ou une maladie cardio-vasculaire évolutive, une maladie hépatique sévère.
Comment être actrice de ces changements ?
Les recommandations actuelles autour de la ménopause insistent beaucoup sur les mesures de mode de vie et les comportements, car elles ont un impact cardiovasculaire, métabolique, osseux, cutané, cognitif et sur la qualité de vie globale. Les stratégies les plus soutenues par les données scientifiques sont les suivantes.
L'activité physique régulière
C'est probablement l'intervention non médicamenteuse la plus importante. Ses objectifs : préserver la masse musculaire, limiter la prise de graisse viscérale, améliorer la sensibilité à l'insuline, protéger le système cardiovasculaire, préserver l'os, améliorer le sommeil et l'humeur. L'endurance et le renforcement musculaire deviennent particulièrement importants après la ménopause, car la sarcopénie (diminution de la masse musculaire) s'accélère.
Une alimentation équilibrée, plutôt méditerranéenne
Le modèle méditerranéen est celui qui possède le plus de preuves de bénéfices cardiovasculaires : une alimentation variée avec légumes et fruits quotidiens, des protéines de qualité en quantité suffisante, des légumineuses, des fibres, des poissons gras riches en oméga-3, en limitant les produits ultra-transformés, les sucres rapides et l'alcool. Les objectifs : limiter la résistance à l'insuline, diminuer l'inflammation chronique, contrôler le LDL et stabiliser le poids.
Un sommeil de qualité
Le mauvais sommeil augmente le risque cardiovasculaire, la prise de poids, les troubles cognitifs et l'inflammation. Les mesures recommandées : des horaires de coucher réguliers, une diminution des écrans le soir, une limitation des excitants (alcool, caféine) surtout avant le coucher. La pratique d'une activité physique régulière améliore également le sommeil.
L'arrêt du tabac
Le tabac augmente le risque cardiovasculaire, accélère le vieillissement cutané, augmente l'ostéoporose, aggrave les bouffées vasomotrices et augmente le risque thrombotique sous traitement hormonal.
La gestion du poids et de la graisse abdominale
Après la ménopause, la répartition graisseuse devient plus androïde, avec une augmentation du tissu viscéral (graisse localisée au niveau de l'abdomen), responsable d'une augmentation du risque métabolique. L'objectif n'est pas seulement centré sur le poids, mais aussi sur le tour de taille, la composition corporelle et le maintien musculaire.
La préservation osseuse
Les recommandations incluent une activité physique régulière à impact modéré avec des exercices de renforcement musculaire, un apport protéique suffisant et de calcium, ainsi qu'une prescription de vitamine D en cas de carence.
La réduction du stress chronique
Le stress chronique peut majorer les symptômes vasomoteurs, perturber le sommeil, augmenter le cortisol et favoriser la prise de graisse abdominale. Les approches qui ont montré un bénéfice : la méditation, la respiration, le yoga, les thérapies cognitives, la cohérence cardiaque. N'hésitez pas à les tester sur plusieurs séances : une seule séance ne permet pas d'en percevoir le bienfait.
Que se passe-t-il au niveau de la peau ?
La chute des œstrogènes se traduit par l'accentuation des signes du vieillissement chronologique : amincissement, flétrissement et assèchement de la peau sur l'ensemble du corps, mais surtout au niveau du visage, plus riche en récepteurs aux œstrogènes. On observe une diminution du collagène dermique estimée à 30 % les cinq premières années, puis 1 à 2 % par an, parallèlement à la diminution de la trame osseuse. S'y ajoutent un appauvrissement du derme en acide hyaluronique, avec une altération de la viscoélasticité, ainsi qu'une hyperandrogénie relative pouvant entraîner l'apparition d'une pilosité du visage et d'une alopécie androgénogénétique. Le traitement hormonal substitutif atténue l'ensemble de ces manifestations.
Prenez votre ménopause en main.
Sources : Ameli, « Infarctus du myocarde de la femme », 2026 · Société française de cardiologie, « Retards diagnostiques chez la femme », 2005.
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Avant tout geste technique
- Penser à réaliser un bilan biologique complet
- Préparer l'historique de vos antécédents
- Réaliser un relevé de tensions artérielles sur 3 jours si vous avez un traitement anti-hypertenseur